Tuer le vieux (D. Marx)

« On ne fait pas parler les mortes, c’est ce qu’il a fait pendant dix ans, il m’a crevée chaque été, me privant de toute liberté, de toute initiative, de tout mouvement, de toute pensée, il m’a enfermée, attachée, il a contrôlé ce qui entrait dans ma bouche et ce qui sortait de mon cul, il a fait de moi un animal d’élevage, un veau docile et effrayé.

Voilà un parfait résumé des immondes maltraitances que la narratrice Eva a subies de la part de son grand-père pendant le mois de vacances qu’elle passait chez lui à Biarritz. La phrase omet le viol quotidien de la préadolescente par un vieux obsédé par la propreté.

La description détaillée et crue de cette maltraitance est à la limite du soutenable. On sent l’histoire vécue. Daria Marx parle aussi depuis l’âge adulte, décrivant les retentissements de cette période sur le reste de sa vie : boulimie, solitude, envies de suicide, isolement social, vie sexuelle oblitérée. Malgré toutes les thérapies qu’elle a suivies, la guérison semble impossible.

Élevée pare son père seul, qui noie dans l’alcool son mal être, elle est incapable de se rendre compte de ce qu’on lui fait subir et n’en parle à personne.

Enfin elle décide de retourner à Biarritz et de « tuer le vieux ».

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