
Cette fois, c’est un roman historiquement situé autour de 1600 qu’a écrit Stefansson. Le narrateur est un pasteur dans la belle Islande. Son propos remonte le fil du temps et de quelques générations nous présentant une foule de personnages de sa famille, de son entourage, de sa paroisse, sur le ton d’un récit élégant.
Ce révérend Petur est plein de sagesse, mais aussi d’une certaine nostalgie qui imprègne le roman. Son statut d’ecclésiastique lui interdit certaines relations ; lui donne aussi un regard politique sur cette Islande du XVIIe siècle, visitée par bien des marchands, convoitées par bien des empires, en tout cas pas si isolée.
Baigné dans les patronymes islandais, le lecteur n’a qu’à se laisser conduire par les événements, les amours déçues, dans la rudesse des conditions de vie (morts en mer, maladies, famines dues au climat). L’auteur a toujours cette sensibilité familière qu’on aime tant pour honorer ses personnages magnifiquement.