
Ce thème du fleuve, de l’eau plus généralement, est au centre de trois destins, tissés comme une tresse par Elif Shafak.
La Tamise traverse Londres industrielle au milieu du XIXe siècle, où grandit Arthur dans la misère la plus noire. Le choléra sévit tant la ville est insalubre. Son salut est dans sa curiosité, surtout pour la ville antique de Ninive représentée par le fameux Lamassus (taureau ailé à tête humaine qui garde les temples mésopotamiens)
C’est au bord du Tigre que vit Naryn la yézidie avec sa mère et sa grand-mère, subissant les persécutions turques de nos jours. A travers leurs malheurs, on apprend pourquoi ce peuple est maudit par les musulmans et quel est l’avenir possible pour cette jeune fille.
Enfin retour à Londres, avec Zaleekhah, une chercheuse en biologie, qui travaille sur la remise en état des fleuves du monde. On mesure ainsi combien la Tamise se porte mieux aujourd’hui.
Le roman est donc clair et instructif, sans négliger le cœur et les rêves des trois protagonistes. L’intrigue avance vite et brasse de vastes espaces.